Retranscription audio
La relation à l’autre est, aussi, une excellente expérimentation de soi. Au delà des affinités, indifférences ou inimitiés naturelles, il n’est pas rare de croiser des gens qui nous mettent mal à l’aise, qui nous font serrer les dents, sans trop savoir pourquoi. Mais en sentant bien que notre réaction intérieure est excessive. D’ailleurs, en en discutant avec les autres présents sur une scène, il n’y a que nous qui avons été autant bougé par tel ou tel comportement. C’est bien que c’est venu activé quelque chose de spécial en nous.
Ainsi cet autre qui nous interroge révèle en fait tout simplement une blessure, un trait de caractère, une envie de, une faculté à, qui existe en nous mais qui reste tapi dans l’ombre.
On dit qu’en prendre conscience est le plus gros du travail. J’aime définir la conscience comme cette lumière qui vient éclairer et faire remonter à la surface les zones cachées en nous qui ne demandent qu’à émerger. Que ce soit pour désamorcer les effets d’une blessure enfouie, ou révéler un talent.
Le meilleur exemple en la matière m’a été donné un jour par quelqu’un que j’ai croisé. J’y reviens toujours de par sa simplicité.
X était agacé de devoir répéter à un de ses amis, nommons le Bubu, d’enlever ses chaussures en rentrant dans la maison. Alors que quand Bubu va chez un autre ami, nommons le Y, il enlève ses chaussures tout naturellement sans que Y ait besoin de le répéter.
Le « problème » ne se situe pas au niveau de Bubu, qui n’est qu’un révélateur de ce que renvoient mutuellement X et Y. Si Bubu était quelqu’un qui voulait imposer sa volonté partout (il se trouve que je le connais bien et ce n’est pas le cas), et que donc pour lui la question d’enlever ses chaussures soit hors de propos, pourquoi le fait-il naturellement chez Y, alors qu’il ne le fait pas chez X et que celui-ci lui a pourtant exprimé.
Ainsi Bubu est venu révéler que là où Y a su sûrement exprimer et faire comprendre ce qu’il voulait qu’on fasse ou pas chez lui, de l’autre côté du prisme il a révélé que X n’avait sûrement pas exprimé de façon assez claire et franche sa volonté à cet ami.
Et que dans l’histoire le fait d’enlever ses chaussures est évidemment anecdotique (je connais bien X aussi, et Y aussi … je vous connais aussi sûrement, méfiez-vous …), la cristallisation aurait pu se produire sur un autre détail de vie.
Qu’est-ce qu’y se jouait donc ? L’incapacité de X à poser ses limites chez soi ? Le fait que Y ne soit pas à son écoute à plusieurs reprises ?
Pour élargir et illustrer par l’exemple personnel, parce qu’on ne connait bien que ce qu’on expérimente soi.
Pendant longtemps les gens trop confiants en eux, et qui le démontraient, m’agaçaient. De même pour ceux qui parlaient abondamment d’eux.
Les trop confiants ne me renvoyaient qu’à mon manque de confiance en moi, et ceux qui parlaient d’eux à mon incapacité et mon désir de pouvoir en faire autant.
On a tous en tête cette personne qui parle sans cesse à cette autre qui écoute passivement, dans un schéma à sens unique qui se répète.
Mettez cette 1ère personne en face de quelqu’un qui sait en faire autant et vous verrez qu’elle parlera bien moins (parce que l’autre saura reprendre la parole pour la faire valoir). Si vous étiez dans le rôle de l’observateur, vous auriez sûrement un avis assez différent sur la 1ère personne dans les 2 situations prises isolément.
Vous pouvez ainsi vous questionner au fil des rencontres sur ce que vous renvoie les autres. Sans se prendre la tête, ça peut devenir intéressant si vous avez identifié un type de comportement qui vous agaçait chez les gens, ou un schéma type qui se répétait dans vos relations. Vous savez que vous avez un champ d’exploration en ce sens et donc un bon levier d’évolution.
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Créateur du blog. Pourquoi j'écris ? Pour m'amuser et pour voir ce que j'ai dans le ventre. J'en apprends toujours plus sur moi après écriture que pendant. Le but de ce blog ? Exprimer mes couleurs et pouvoir rassembler ceux qui peuvent y trouver aussi un plaisir. So call me maybe !